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De 1950 à 2010 : 60 BOUGIES !

La souffrance des femmes ayant connu la prostitution

« La Bienvenue est née d’une vision de la souffrance et de la foi en un grand Dieu » affirmait sa fondatrice, Hélène Tzaut.

Secrétaire au Cartel d’Action Sociale, elle était préoccupée par la situation créée lors de la fermeture en 1946, par l’État, des « maisons de tolérance ».

Bon nombre de femmes, ayant pratiqué la prostitution, se retrouvaient à la rue, inadaptées au monde du travail.

Le soir, Hélène sillonnait les rues de Paris à leur recherche pour parler avec elles.

Sans logement et sans ressources pour payer leur hôtel, coupées de leur famille, ces femmes se sentaient obligées de continuer leur « vieux métier ».

À l’époque, la plupart n’avait ni profession, ni formation professionnelle.

Comment les aider ?

Avec quelques amies chrétiennes, Hélène ouvre alors un atelier artisanal où les femmes peuvent venir fabriquer des objets destinés à la vente.

De quoi leur remettre un petit « pécule » pour se loger !

Hélène quitte alors son travail rémunéré et fait des tournées d’information, surtout en Suisse, dans les Associations de Femmes de Joséphine Butler* afin de trouver les fonds nécessaires pour acheter un atelier, rue Jean-François Lépine et plusieurs appartements au 53 rue de Paradis.

Elle s’adjoint une collaboratrice, Violette Steiner.

La Bienvenue est déclarée Association 1901 en 1950.

Ce sont des débuts bénévoles.

Pas de professionnels dans l’équipe.

Un seul bagage : l’amitié et la foi.

On ne compte pas ses heures… surtout en ouvrant les appartements pour l’hébergement de nuit.

Quant à la rémunération, elle dépendait des dons d’amis protestants.

Mais l’oeuvre se fait rapidement remarquer dans la capitale.

Les Services Sociaux et les Commissariats envoient à Hélène des femmes et des jeunes filles pratiquant la prostitution.

La Bienvenue a été une des premières institutions à fonctionner sur le modèle de « petites structures d’accueil », considérées comme moyen privilégié d’insertion.

Elle les a pérennisées.

Le manque d’argent est chronique avant que La Bienvenue ne reçoive sa première habilitation, en 1959.

Les adolescentes

Progressivement, les juges pour enfants et l’Aide Sociale à l’Enfance sollicitent La Bienvenue pour l’accueil d’adolescentes en détresse, en difficultés scolaires avec des troubles de comportement et des mineures délinquantes.

Elles viennent de Paris et des banlieues « sensibles ».

Beaucoup sont issues de l’immigration et peinent dans notre pays d’accueil mais n’ont pas forcément touché à la prostitution.

Un jour où Hélène hésite à admettre une mineure « seulement » en errance, celle-ci lui réplique vertement : « Voulez-vous que je me prostitue cette nuit pour pouvoir m’accueillir demain ? »

L’argument produit un choc salutaire !

Ainsi, après une quinzaine d’années de fonctionnement, La Bienvenue ouvre une unité pour une population plus jeune à difficultés sociales multiples.

Trois foyers

Grâce à l’arrivée de la « manne » des prix de journée de l’État, l’embauche de salariés professionnels et la mise en place d’équipes pluridisciplinaires deviennent possibles.

La présence d’un trop grand nombre d’adolescentes en difficultés dans un même immeuble incite l’Association à quitter la rue de Paradis et à installer en ville trois unités éducatives distinctes.

Petit à petit, la grande famille se transforme en institution.

L’âge d’admission, jusqu’alors indéfini, est progressivement abaissé à 14 ans, la sortie à 21 ans.

La durée moyenne de séjour en foyer éducatif a augmenté.

En 1978, La Bienvenue a reçu sa Reconnaissance d’Utilité Publique ; la même année, elle a signé la Convention Collective 1966 Enfance inadaptée.

Grâce aux compétences des équipiers diplômés, à leur esprit de recherche et à la formation permanente des salariés, le travail éducatif d’accompagnement, au fil des années, s’est professionnalisé.

À la demande de la Ville de Paris, depuis l’année 2000, La Bienvenue a ouvert la porte également à des garçons adolescents en difficulté et à des mineurs isolés étrangers.

Même si la présence de la foi chrétienne est devenue plus discrète qu’aux origines, La Bienvenue n’a jamais oublié son enracinement dans la foi.

Aujourd’hui, un aumônier salarié rencontre les adolescents, les accompagne à leur demande, les oriente selon leurs choix, en respectant la liberté des jeunes accueillis.

Soixante ans après l’élan de sa fondatrice, La Bienvenue entend poursuivre dans un même esprit son oeuvre d’accueil et de soutien de jeunes en souffrance.

Rose-Marie ERB, Directrice de La Bienvenue de 1979 à 2000

 


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